Lundi 20 août 2007
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Rapport de l’inspecteur A***, soussigné
a- considérant :
- que la couardise est sœur de la méchanceté
- qu’elle nourrit abondamment l’esprit de vengeance
- qu’elle est de ce fait la peste de la vie sociale
- et que, lorsque la vie sociale est empestée, ce sont toujours les plus faibles qui casquent,
b- Un peu à contrecœur, les délinquants lui crièrent en langage des cités quelque chose qui pour eux étaient de vilains mots. Rachida Dati fit
d’abord semblant de ne leur préter aucune attention, mais le soussigné encouragea les bambins à continuer à se moquer d’elle. Ces mots — Ta mère ou Sale aveugle (ils auraient voulu
donner des yeux à la justice1) — n’étaient que légèrement moqueurs, mais, répétés avec insistance, ils devenaient vraiment provoquants.
Levant les yeux, Rachida menaça les gamins de les sanctionner par l’incarcération des mineurs concernés dès
l’âge de 13 ans. Toujours poussés par le soussigné, les petits délinquants continuèrent leur manège jusqu’au moment ou la garde des sceaux, feignant la colère, prit la peine de se lever pour
admonester à la fois les gosses et le soussigné. Les enfants se réfugièrent sur les genoux du soussigné, qui les protégea avec une exagération moqueuse. Les bambins répétèrent sans fin
l’insulte2 et, à mesure qu’il avaient moins peur, la ministre devenait graduellement plus violente. Les gosses recevant de plus en plus de mesures de
contrôle et de placements en détention, et plus ils en prenaient, moins ils en avaient peur.
La « leçon » continua jusqu’à ce que les délinquants se sentirent capables de continuer à insulter,
indépendamment de la peur légittime de la répression. Le but de ce jeu était de leur enseigner à ne pas s’empêcher de faire ce dont ils avaient envie par peur de Peines plancher pour les
multirécidivistes adaptées aux mineurs par la révision de l’ordonnance de 1945 et à entraver toute disposition à la couardise.
La seule forme de discipline que la police nationale reconnaissait en fin de compte était l’autodiscipline,
c’est-à-dire une discipline faisant appel à la responsabilité. Pour elle, la peur était l’attribut symbolique de beng, le Mal, parcequ’elle détruisait l’âme humaine.
c- Le soussigné s’autorise quelques petites réflexions à ce sujet, à savoir :
- qu’il a souvent constaté en tant que témoin et complice (infiltration oblige) que les victimes manquaient du courage le plus élémentaire face aux enfants
délinquants (pour la pluspart imberbes et de constitution fluette)
- que l’audace des délinquants n’avait
d’égale, en vérité que la lâcheté des victimes
- que le visage des victimes portait toutes les marques du plus
grand effarement dès qu’il les voyaient (les délinquants) s’approcher. Un souffle, un geste, un rien, tout leur donnait la fièvre
- qu’ils étaient pris de tremblements tant la terreur qu’on les plumât était considérable
-
qu’ils les fuyaient alors (les délinquants) à grandes enjambées
- ou qu’ils intercalaient, pour ne les point
apercevoir, une feuille de vigne devant leurs yeux, ou un journal, ou un roman historique, ou n’importe quoi qui empêchât leur vue
- qu’ils les insultaient avec hargne à peine s’étaient-ils (les délinquants) éloignés
-
qu’ils prenaient à témoin leurs voisins : Mais que fait nom de Dieu la police ?
- qu’une foule indignée
s’attroupait réclamant à grands cris (ainsi fait toute foule) la mort de cette engeance
-que de retour chez eux,
et vérification faite de l’étanchéité des portes et fenêtres, ils s’asseyaient devant leur poste de télévision pour constater, avec soulagement, que tout ce que par peur ils s’étaient
figuré s’avérait exact.
En conséquence de quoi
le soussigné s’autorise à faire une nouvelle suggestion concernant les activités susceptibles d’occuper la police de la plus bénéfique façon.
Il propose que les policiers s’emploient à aider les populations timorées à lutter contre la couardise par :
- la musculation psychologique et la prise de conscience concomitante d’une insécurité ontologique de l’être (ou, pour le dire plus simplement, d’une
trouille de vivre) à laquelle nul homme au monde ne saurait être soustrait (la disparition de cette trouille n’étant rien d’autre que la mort),
- la pratique des arts martiaux et de la marche au grand air sur les monts inviolés et le long de la mer où les chemins se font méditatifs
d’eux-mêmes,
- une information des plus impartiales sur les risques objectivement encourus pour parer prudemment aux paralogismes des pleutres,
- l’encouragement à une attitude critique devant les rumeurs, fantasmes et imaginations concernant les sujets terrifiants âgés de 6 à 15
ans,
- la création, confiée simultanément à des artistes et des philosophes, d’objets de terreur immatériels ayant le même impact sur l’imagination que l’eurent
en des temps reculés les notions d‘enfer ou de diable, hélas disparues, et susceptibles de remplacer avantageusement les objets de terreur matériels, lesquels rabaissent honteusement
l’esprit.
Le soussigné
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1 - Il n’est pas inutile de rappeler que les délinquants ne sont point privés de l’esprit de justice comme on tendrait trop à le
croire, mais adeptes d’une justice dite de transfert, déplaçant les objets d’un endroit où ils sont superflus à un autre où ils sont nécessaires.
2 - Nota Bene : Selon l’humble avis du soussigné, ce talent singulier pour l’injure pourrait être
judicieusement exploité, à la condition :
a. que les délinquants se voient habilités par l’éducation nationale à donner des leçons d’injures aux élèves d’hypokhâgne, fort dépourvus, semble-t-il en ce domaine
b. ou que, financés par la maison des écrivains (dont nombreux sont ceux qui apprécient les largesses), ils se voient employés à exhorter certains auteurs, par trop enclins à
d’abstraites périphrases, à appeler un cul un cul. L’on assisterait ainsi à un enrichissement substantiel du patrimoine injurieux (qui laisserait de côté, bien entendu, les plats et routiniers
trouduc, fumier, roulure, enfariné, raclure, charogne, enculé, jus de bite, couille vide et autres platitudes).
Par Internationale Citationniste
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